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Les chiffres clés

57 000

 personnes ont participé à des animations dans les 3 districts en 2018

102 648

consultations ont été menées par les agents de santé villageois

1315

agents de santé villageois (ASV) formés

Réduire la mortalité infantile dans les communes rurales de la côte sud-est

Madagascar Inter Aide

Contexte

La côte sud-est de Madagascar est l’une des régions les plus pauvres et densément peuplées du pays. 90 % de la population vit d’une agriculture de subsistance. L’accès à l’eau potable est très limité et l’assainissement inexistant. L’accessibilité aux centres de soins est très dégradée.

Ces conditions favorisent le développement des endémies. Paludisme, diarrhées et infections respiratoires aiguës sont responsables de 60 à 80 % des décès des enfants de moins de 5 ans. La mortalité de ces enfants est très élevée : aux alentours
de 200 ‰ (pour une moyenne nationale de 55 ‰ ; 3 ‰ en France).

Objectifs du programme

Lancé en 2009 par Inter Aide, il a pour ambition de réduire significativement la mortalité infantile des populations rurales des communes ciblées en intervenant sur 3  axes :

  • réduire l’exposition aux risques par l’accès répété à une information spectaculaire sur les pathologies clés : des animations spécifiques pour une population peu éduquée augmentent les capacités des parents à identifier les pathologies dominantes chez les moins de 5 ans, prévenir leur survenue et rechercher les soins appropriés, ainsi qu’à mettre en place des mesures préventives (moustiquaires imprégnées, lavage des mains, traitement de l’eau, etc.).
  • améliorer l’accès aux soins : la création d’un réseau d’agents de santé villageois (ASV) facilite l’accès précoce des familles aux traitements essentiels et améliore les capacités locales de prise en charge autonome des épisodes critiques ;
  • pérenniser l’approvisionnement en médicaments des agents de santé villageois par l’intermédiaire des centres de santé.

Dans chaque nouvelle commune ciblée, l’action de sensibilisation du programme est intensive et limitée dans le temps (6 mois), ce qui permet de couvrir 6 à 8 communes supplémentaires chaque année. Les bénéficiaires des actions en 2018 sont 20 000 personnes dans les districts de Farafangana et Vohipeno, dont 4 500 enfants de moins de 5 ans. Dans le district de Manakara, où le programme est plus ancien, des animations de rappel bénéficient à 30 000 personnes chaque année.

Actions

En 2017 et 2018, les actions suivantes ont été menées :

  • sensibiliser les parents aux pathologies dominantes par des animations ludiques et participatives à large audience pour couvrir rapidement les zones ciblées.
  • Utiliser des médias de diffusion de masse (séries radiophoniques, chansons…) dans les zones déjà couvertes par l’action pour réactiver les connaissances et comportements préconisés. 
  • Faciliter les réseaux d’acteurs pourvoyeurs de soins de proximité : formation des ASV. Le poids de ces agents de santé dans l’ensemble des actes de prise en charge qualifiée confirme la nécessité de maintenir un accès aux soins hors structures pour répondre à la demande, elle-même bien inférieure aux besoins véritables.
  • Établir un lien durable entre les ASV et les centres de santé pour assurer la continuité de l’approvisionnement en médicaments. En 2018, des ruptures de stock en tests du paludisme et médicaments essentiels ont dramatiquement affecté le nombre de consultations des ASV dans les districts de Farafangana et Manakara. Ce problème a des origines multiples : ruptures au niveau central d’Antananarivo, délai dans les livraisons, mauvais calcul des besoins du district, manque d’implication des acteurs pour l’approvisionnement des ASV. Un poste de chargé de représentation et de plaidoyer a été créé à Antananarivo, afin de travailler sur ce problème d’intrants.

Ce programme est soutenu depuis 2009 par la Fondation. Elle lui a octroyé 25 000 € en 2017 et en 2018.

Résultats

Dans le district de Farafangana, une enquête d’évaluation a été menée en 2018 dans 3 communes rurales où l’intervention est terminée depuis plus d’un an. La mortalité moyenne des enfants de moins de 5 ans s’élevait à 90 ‰, alors qu’elle était de 211 ‰ avant le début du programme (baisse de 57 %).

Dans le district de Manakara, l’enquête de 2016 a de déterminé une TMM5 de 73,6 ‰ : la mortalité à Manakara est durablement réduite.

Atelier pratique sur le lavage des mains dans le district de Farafangana