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Les chiffres clés

20 %

de recul de mortalité dans la zone du programme

50 000

 personnes : population visée par les actions de sensibilisation et communication en 2017

9000

enfants de moins de 5 ans touchés par le programme

5 %

de la population de Madagascar touchée par le programme

Réduire la mortalité infantile dans les communes rurales isolées de la côte sud-est

Madagascar Inter Aide

Contexte

La côte sud-est de Madagascar est parmi les régions les plus pauvres et densément peuplées du pays. 90 % de la population vit d’une agriculture de subsistance. L’accès à l’eau potable est très faible et l’assainissement inexistant. L’accessibilité aux centres de soins est très dégradée.

Ces conditions favorisent le développement des endémies. Paludisme, diarrhées et infections respiratoires aiguës sont responsables d’une large majorité des décès des enfants de moins de 5 ans. La mortalité de ces enfants est très élevée : aux alentours de 200 ‰ (pour une moyenne nationale de 55 ‰ ; 3 ‰ en France).

Objectifs du programme

Lancé en 2009 par Inter Aide, il a pour ambition de réduire significativement la mortalité infantile des populations rurales des communes ciblées en intervenant sur 3  axes synergiques :

  • réduire l’exposition aux risques par des mesures préventives : moustiquaires imprégnées, latrines familiales. Ces mesures agissent sur 80 % des décès infantiles dans les zones rurales. L’information doit être polymorphe et répétitive pour contrecarrer l’effet du taux d’illettrisme le plus élevé du pays et, ainsi, faire évoluer les pratiques.
  • améliorer l’accès aux soins grâce à la médiation d’agents de santé villageois (ASV) : la formation des mères de jeunes enfants permet l’accès précoce aux traitements ;
  • pérenniser l’approvisionnement en médicaments des agents de santé villageois par l’intermédiaire des centres de santé.

Les bénéficiaires sont l’ensemble des familles vivant dans les communes rurales ciblées. Dans chaque commune, l’action est intensive et limitée dans le temps (6 mois), ce qui permet de couvrir 2 à 3 communes supplémentaires chaque année, dont certaines sont immenses.

Actions

En 2017, les actions suivantes ont été, entre autres, menées :

  • sensibiliser les parents aux pathologies dominantes par des animations ludiques et participatives à large audience pour couvrir rapidement les zones ciblées.
  • Utiliser des médias de diffusion de masse (séries radiophoniques, chansons…) dans les zones déjà couvertes par l’action pour réactiver les connaissances et comportements préconisés. 
  • Faciliter la mise en place de réseaux d’acteurs pourvoyeurs de soins de proximité : formation des ASV. Le poids de ces agents de santé dans l’ensemble des actes de prise en charge qualifiée confirme la nécessité absolue de maintenir un accès aux soins hors structures pour répondre à la demande, elle-même bien inférieure aux besoins véritables.
  • Établir un lien durable entre les ASV et les centres de santé pour assurer la continuité de l’approvisionnement en médicaments. L’accès aux intrants reste la pierre angulaire et leur distribution peut être entravée à plusieurs niveaux. C’est pourquoi Inter Aide envisage une mission d’investigation et de plaidoyer à Tananarive pour mieux connaître les mécanismes et acteurs qui œuvrent à définir les quantités d’intrants nécessaires aux besoins du pays et agir dans le sens d’une meilleure estimation et répartition.
  • Vohipeno est un nouveau district d’intervention depuis 2017, entre les deux précédents, qui présente un certain dynamisme économique. Le démarrage de l’action s’y fait en impliquant d’abord les Services de Santé du District (SSD), explicitement demandeurs d’appui.

Ce programme est soutenu depuis 2009 par la Fondation. Elle lui a octroyé 25 000 € en 2017 et en 2018.

Résultats

Dans le district de Farafangana, 5 communes sur les 9 touchées par le programme montrent des baisses de mortalité conséquentes, au-delà de l’objectif fixé (baisse de 25 %). En 2016, les enquêtes initiales montraient un TMM5 (taux de mortalité des moins de 5 ans) autour de 194 ‰ et celles d’évaluation vers 155 ‰.

Dans le district de Manakara, l’enquête de 2016 a de déterminé une TMM5 de 73,6 ‰ : la mortalité à Manakara est durablement réduite.